Le ciel de Bay City

Le Ciel de Bay City - Catherine MavrikakisJe trouve toujours intéressant de découvrir de nouveaux auteurs. Voilà pourquoi, parfois, j’entre dans une librairie et, au hasard des allées, des couvertures de livres, j’en choisi un et je le dévore d’une couverture à l’autre. J’ai ainsi découvert des merdes littéraires, mais aussi (heureusement) des petits bijoux sur lesquels je n’aurais posé mon regard autrement.

Comment résumer ce livre si ce n’est en disant simplement que le ciel n’est pas toujours bleu?

Laissons la quatrième de couverture parler…

1960. Cette année-là, une maison de tôle est livrée au bout de Veronica Lane à Bay City. Une famille s’y installe. Deux sœurs, Denise et Babette, vont donner tour à tour naissance à de petits Américains. Elles ont quitté l’Europe et la dévastation de la guerre pour l’Amérique. L’avenir paraît alors appartenir à ce continent où tout est plus gai, plus neuf.

Mais l’Histoire ne se laisse pas mettre de côté. La fille de Denise, Amy, va découvrir dans le sous-sol de la maison de tôle, cachés et tremblants de peur, ses grands parents pourtant morts à Auschwitz.

Roman puissant, traversé par la soif de l’Amérique et la volonté désespérée d’en finir avec le passé, Le ciel de Bay City dresse un réquisitoire contre l’indifférence du ciel à l’endroit de notre souffrance.

Après avoir lu la quatrième de couverture de ce roman, je n’étais pas certaine de vouloir le lire. Mais puisque je devais rencontrer l’auteure, je me suis attelée à la tâche, question d’en finir…

Quelle ne fut pas ma surprise, au fil des pages, de m’attacher à Amy, à ce personnage sans grande passion, vivant sa vie sans éclat, sans étincelle.

Ce roman relate, oui, l’histoire d’une famille décimée par la guerre, mais aussi le concept de la marque trans-générationnelle que ce genre d’événement peut laisser. Un peu comme la mémoire de l’eau, celle d’Amy est bousculée entre le passé de la famille qu’elle n’a pas connue, et son présent sans vie, sans autre couleur que le mauve du ciel de Bay City.

Catherine Mavrikakis arrive a faire des phrases lourdes, remplie de mots, d’émotions et sans rien d’inutile, du rock. Dans les souvenirs de sa sœur morte, de toute sa famille engloutie par la dévastation de la guerre, Amy arrive toutefois à nous faire apercevoir un rayon de lumière de temps à autre, un moment d’éclaircie pendant lequel le bleu arrive à percer le mauve de Bay City, la douleur du passé.

Je n’ai pas trouvé ce roman déprimant, malgré le thème abordé. J’ai plutôt ressenti de la compassion pour Amy, et un soulagement lorsque, dans les dernières pages, elle embrasse son histoire à bras le corps et s’endort dans la chaleur des siens.

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