Les années cerises

Les années cerisesJe l’avoue, j’adore les livres de la collection Babel des Éditions Actes Sud. Je les trouve beaux et les mots qu’ils contiennent sont habituellement splendides. Parfois, je choisi des livres pour leur illustration, leur titre, la quatrième de couverture. D’autres fois, tous ces éléments me donnent envie d’acheter le livre ou j’achète simplement au hasard, en espérant.

L’Anéanti, c’est un jeune garçon de 12 ans qui tape des bras, des jambes et de la tête en dormant. Mauvais à l’école, il est aussi aux prises avec des parents qui ne s’occupent pas de lui. Sa mère, dépressive, ne se gêne pas pour lui asséner des gifles pour un oui ou pour un non, juste parce que. Elle lui témoigne son amour en décorant le sapin de Noël toute seule alors que son fils se faisait une joie, comme chaque année, de pouvoir accrocher les boules dans les branches, elle lui offre un chien mécanique alors qu’elle avait promis un vrai, parce que l’autre a un bouton off… Son père travaille, il n’est jamais à la maison, sauf la nuit pour crier contre lui qui l’empêche de dormir en tapant.

Ils habitent une maison située près d’une falaise qui n’en finit plus de s’effriter pour laisser tomber le terrain dans la carrière, jusqu’au cerisier qui est englouti par le vide. La maison aussi finira par s’effondrer, il faut partir…

Avec ce roman sensible, Claudie Gallay nous présente un jeune garçon attachant, les moments de sa malheureuse existence d’enfant qui s’accroche à la vie grâce à quelques personnes de son entourage : ces grands-parents aimant, cet oncle François, et surtout la sœur de Paolo si belle pour L’Anéanti à qui il manque trois ans pour qu’elle puisse s’intéresser à lui.

Au fil des pages, on s’attache à ce petit garçon naïf qui découvre l’amour pour la première fois, on a envie de brasser sa mère si méchante ou plutôt de la prendre dans nos bras pour la guérir de sa détresse mentale si prononcée. Malgré toutes les difficultés de sa courte vie, L’Anéanti ne baisse pas les bras et poursuit sa vie parsemée de bonheurs aussi petits qu’essentiels. Parce qu’après tout, on ne peut pas laisser tout basculer dans la carrière avec le cerisier.

 

Vous aimerez aussi